Faute de mieux, un fantôme paisible

(à lire ou à écouter : le 13ème épisode de ma chronique sur Radio anthropocène, lien audio dessous)

Nous nous croisons régulièrement les uns les autres dans les ascenseurs, nous échangeons fréquemment quelques regards, voire quelques mots à l’occasion des transactions monétaires concernant produits et services, et il nous arrive d’aller beaucoup plus loin : nous formons des couples, des binômes, des trouples, des quadruples, des familles, des groupes, des équipes, des bandes organisées et – au-delà – des entités encore autrement plus importantes et géométriquement complexes que je ne serais probablement pas capable de saisir ou de décrire.

Bref – nous sociabilisons sans cesse et pour toutes sortes de raisons, et cette activité intense, effrénée nous fait parfois oublier les bases de la pratique. Eh oui – ce sont souvent les choses les plus évidentes qui réussissent à passer inaperçues, qui parviennent à se faufiler dans les angles morts de notre perception du monde. […]

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Les sandwichs de la veille

Les sandwichs de la veille que l’on achète tôt le matin à la gare de Perrache sont souvent excellents, sauf peut-être le pain devenu mou, élastique, impossible à mâcher, impossible même de mordre dedans. La faute à l’humidité ambiante de la gare sans doute. Car on y attend en nombre, on y expire en masse, les exhalaisons circulent entre les galeries, l’air se charge, s’épaissit, sédimente, cristallise sous forme de petits déchets génériques, sous forme d’objets perdus, voire, catastrophe, de bagages abandonnés. Oh non. Encore ? On n’arrête pas d’évacuer. Les sandwichs, en revanche, se tiennent tranquilles. Restent à l’écoute. Ils absorbent l’ambiance dramatique expirée par les humains, ça les ramollit. Le souffle de la multitude pénètre dans la mie et s’y installe comme une âme errante dans un corps momentanément inhabité.

On a changé d’heure il y a quelques jours

On a changé d’heure il y a quelques jours, et je n’ai même pas écrit une ligne à ce propos. Que m’arrive-t-il ? Certes, nous ne sommes plus dans les années 2010, où l’on s’empressait de commenter chaque bon de réduction périmé retrouvé au fond d’une poche, mais, j’ai envie de dire, j’ai envie de crier : « quand même » ! Et même, pardon : »quand bien même ! » Un jour, il m’est arrivé de venir trop tôt au travail, comme peut-être à tout le monde, je suppose, c’était il y a longtemps, c’était un travail à la caisse au carrefour que je n’aimais pas tellement. Le premier novembre, un dimanche férié travaillé, en plus. Une heure trop tôt ! Une heure infinie de trop à attendre dans la salle de pause ! Comment faisait-on, déjà, sans les portables, pour passer une heure comme ça ? Eh bien, on regardait plus notre environnement, bien sûr. Le mur, par exemple. Je me souviens que je fumais en regardant le mur en face, peut-être orné de rappels de sécurité ou des infos de la part du comité d’entreprise.
Donc oui, bien entendu, quand on change d’heure, j’y pense. Je me dis « ah, tiens », et je me vois dans la trop petite salle de pause d’une trop grande surface. Mais je pourrais évidemment penser à tout autre chose !

De retour du jardin de Saint-Fiacre

Merci, MERCI d’avoir été si nombreux.ses à nous rejoindre à notre « Micro-festival privé de la presque-pleine-lune au jardin de Saint-Fiacre » !
J’ai été tellement touché par l’attention que vous avez accordée à nos lectures, et tellement tout autant par la joie qui accompagnait les échanges et les rencontres…

Un premier remerciement tout particulier à Martine Meirieu qui nous a accueilli dans son beau jardin – et le vendredi même dans son salon (!), un 2e remerciement tout particulier à Stéphane Libert avec qui nous avons enfin pu réaliser ce rêve fou de réunir La Voie du Poulpe 1 & 2 au sein d’une même soirée (et ce devant un public record !). Le 3e remerciement tout particulier à Melania Avanzato qui nous a offert de superbes photos de la soirée du vendredi, dont quelques unes ci-dessous.

Et enfin, le dernier remerciement tout particulier au magicien-guérisseur Mr. HRRRM rencontré sur internet à qui j’ai versé 375€ via paypal pour qu’il fasse en sorte qu’il ne pleuve pas pendant le Poulpe, et qui a tenu parole. 🙏

  • petite scène de théâtre dans un jardin, éclairée dans la nuit (c) Vanessa Durantet
  • Dans la maison-jardin
  • Jindra Kratochvil par Melania Avanzato
  • Maud Mesnier par Melania Avanzato
  • Zacharie Gaudrillot-Roy par Melania Avanzato
  • Martine Meirieu
  • Yannick Fleury
  • nature morte à l'abat-jour