Une toute petite carte de fidélité

Hier après-midi, par exemple, je suis tombé sur une toute petite carte de fidélité Monoprix, perdue dans l’entrée de l’immeuble. Elle était là, par terre sur ma trajectoire, mais je l’ai simplement enjambée sans me poser la moindre question. Et le reste de la journée s’est très bien déroulé. — Vraiment : pas de mauvaises surprises ni complications ni rien de rien ! La vie est parfois tellement si douce et simple !!!

À propos de la domestication des cumulonimbus

À vrai dire, que la domestication des cumulonimbus ait donné naissance aux cumulus ne me fait ni chaud ni froid. Ce sont là des choses qui arrivent. Faut-il s’en attrister outre mesure ? Certes, il y a ce brin de nostalgie à l’idée qu’un cumulus lambda quelconque ne soit pas en mesure de se réadapter à son environnement d’origine, mais n’y a-t-il pas aussi dans ce sentiment une sacrée dose de mauvaise foi ? Et je parle là d’une dose conséquente, de l’ordre de 150 litres voire beaucoup plus, je parle d’une dose exceptionnelle par appartement et par mètre carré habitable, produite et distribuée de manière industrielle centralisée, eh oui — cela fait longtemps que nous ne sommes plus ces petits éleveurs de cumulus pour lesquels nous avons encore bien souvent le malin plaisir de nous prendre !

Pendant ce temps, ne l’oublions pas, le sens des mots se déplace

Pendant ce temps, ne l’oublions pas, le sens des mots se déplace comme un crapaud qui essaie désespérément de traverser une autoroute, poussé par une force absconse et menacé à tout instant par des métaphores de vingt-six tonnes qui défilent à toute vitesse sans jamais arriver à leur destination véritablement finale.

Je suis également en possession d’une paire de skis de marque Olin

Je suis également en possession d’une paire de skis de marque Olin, ce qui s’écrit simplement O-L-I-N tout en majuscules inclinés à plusieurs endroits de chaque pièce de manière étonnamment visible. Ce sont de vieux skis d’occasion destinés principalement à descendre de haut en bas, physiquement je veux dire, matériellement, sur de la neige accumulée — bien que les montées ou autres usages ne soient pas explicitement interdits de temps à autre, comme on peut imaginer. Car on peut vraiment imaginer beaucoup de choses, c’est très humain, chacun a sa petite idée personnelle de la façon de détourner le monde de sa supposée fonction initiale, il n’y a réellement aucune limite à ce qu’il paraît, je l’ai lu récemment dans un fascicule et ça m’a rendu joyeux, puis dubitatif, puis de nouveau joyeux, puis j’ai pensé à la montagne en été.

Toutes sortes d’insectes émergent ces jours-ci

Toutes sortes d’insectes émergent ces jours-ci dans les fossés ici et là. Impatiemment ils ouvrent l’œil minuscule afin de découvrir le monde qui sera le leur, et — que voient-ils ? Un monde ni vieux ni neuf, peut-être seulement un pneu pas loin ou un emballage quelconque tout près, peut-être un prospectus gisant au bord d’une flaque. Nous, en revanche, humains confirmés et dotés de dispositifs mnémotechniques puissants, savons. Ou du moins avons ce loisir de comparer et d’émettre des hypothèses audacieuses. Tout est comme vieux ou neuf, le prospectus est imprimé en Helvetica® Light Condensed 10pts, c’était mieux avant ou pas, l’œil immense s’ouvre chargé de visions plus ou moins millénaristes, et voit tout ce qui émerge s’inscrire tout naturellement dans la catégorie des propriétés émergentes.