Afin de soutenir le printemps 2018 des poètes

Afin de soutenir le printemps 2018 des poètes, donc, le gouvernement envoie la police dans les amphis. Enfin — il s’agit peut-être bien des militaires, ou des deux, ou d’un mélange subtil des deux, bref — de personnes habillées en exosquelettes, pilotées par l’amour de la poésie de droite bien faite et munies d’ustensiles convaincants. Car, n’en déplaise aux âmes libres et non faussées : la poésie, ça s’enseigne, et c’est même tout un programme. Pardon ? Vous dites que c’est trop dur ? Le monde est dur, madame, regardez cet objet qui s’appelle « carrelage », par exemple — il n’est pas finalement moins dur que sa métaphore nommée « matraque ». Le monde est dur, madame, et son noyau poétique l’est tout particulièrement. Leçon numéro zéro. Amphi B, 15-17h, contrôle continu. Pour affronter la dureté du monde dur, monsieur, il n’y a que l’éducation poétique réaliste. Plus la rééducation, bien sûr, si le besoin se fait sentir — et il se fait parfois sentir très fort, notamment sur les tibias. La jeunesse est-elle prête à se former à la poésie ? Et les fleurs/oiseaux qui poussent/s’envolent dans tout ça ? pendant que tu/elle/lui/nous disons bien des choses si indiciblement au creux de la nuit du jour ?

À cause du casque péri-auriculaire

À cause du casque péri-auriculaire que je porte à longueur de journée, mes oreilles deviennent de plus en plus petites. Ou du moins leur croissance semble s’être momentanément ralentie. Heureusement que le printemps pointe son nez, me dis-je — avec un peu de chance, le soleil et la brise parfumée ranimeront bientôt les pavillons !