Les rues lyonnaises sont tellement étroites

Les rues lyonnaises sont tellement étroites que les façades des immeubles en viennent parfois à se coller les unes aux autres. En résulte une promiscuité immobilière et spatiale déroutante, surtout le matin : tout le monde se balade à poil chez tout le monde, plus personne ne sait où est passée sa cuisine, il faut encore et encore refaire du café, il n’y a plus d’aspirine nulle part.

«Désaboutissements» dans la revue La Piscine #2, Incidences / Coïncidences

« En ce moment, par exemple, l’épine dorsale me démange. Serait-ce lié au fromage de chèvre « Petit Prix » que j’ai mangé tout à l’heure ? À la facture de régularisation EDF reçue hier ? Difficile d’imputer une cause à un effet, de nos jours. Mais la tentation en reste grande, malgré tout, et se régénère chaque nuit comme cette espèce de coléoptère exotique dont ils parlaient dans l’émission du lundi. Ça commence par des picotements, puis ça se déplace vers le haut ou vers le bas. On dirait que les vertèbres communiquent, se transmettent des informations à mon insu. Devrais-je à nouveau essayer d’arrêter le lactose ? Il n’est pas exclu que quelque chose finisse par se passer, cette fois-ci, compte tenu de la situation… »

Lire la suite de « Désaboutissements » texte de Jindra Kratochvil, accompagné de la photo intitulée « Cochin, 2009 » de Thierry Clech, dans le numéro 2 de la revue La Piscine, incidences – coïncidences.
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Une toute petite carte de fidélité

Hier après-midi, par exemple, je suis tombé sur une toute petite carte de fidélité Monoprix, perdue dans l’entrée de l’immeuble. Elle était là, par terre sur ma trajectoire, mais je l’ai simplement enjambée sans me poser la moindre question. Et le reste de la journée s’est très bien déroulé. — Vraiment : pas de mauvaises surprises ni complications ni rien de rien ! La vie est parfois tellement si douce et simple !!!

À propos de la domestication des cumulonimbus

À vrai dire, que la domestication des cumulonimbus ait donné naissance aux cumulus ne me fait ni chaud ni froid. Ce sont là des choses qui arrivent. Faut-il s’en attrister outre mesure ? Certes, il y a ce brin de nostalgie à l’idée qu’un cumulus lambda quelconque ne soit pas en mesure de se réadapter à son environnement d’origine, mais n’y a-t-il pas aussi dans ce sentiment une sacrée dose de mauvaise foi ? Et je parle là d’une dose conséquente, de l’ordre de 150 litres voire beaucoup plus, je parle d’une dose exceptionnelle par appartement et par mètre carré habitable, produite et distribuée de manière industrielle centralisée, eh oui — cela fait longtemps que nous ne sommes plus ces petits éleveurs de cumulus pour lesquels nous avons encore bien souvent le malin plaisir de nous prendre !

Pendant ce temps, ne l’oublions pas, le sens des mots se déplace

Pendant ce temps, ne l’oublions pas, le sens des mots se déplace comme un crapaud qui essaie désespérément de traverser une autoroute, poussé par une force absconse et menacé à tout instant par des métaphores de vingt-six tonnes qui défilent à toute vitesse sans jamais arriver à leur destination véritablement finale.